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FLOÉ

Enquête : Les éléphants du Cambodge


Le 1er Janvier 2020 les autorités Apsara en charge des temples d’Angkor ont annoncé l’interdiction les balades à dos d’éléphants au sein du site archéologique. Une décision prise suite au décès de l’un d’entre eux alors qu’il transportait des touristes devant Angkor Wat.


Au total, ils étaient 14 pachydermes à officier dans les temples. Cinq d’entre eux ont été transférés dans une forêt à une quarantaine de kilomètres de là. Nous nous sommes justement rendus à Kulen Elephant Forest, ce tout nouveau sanctuaire créé début janvier où sont choyés les animaux. Cette entreprise sociale aide également la communauté locale en lui payant une rente pour être sur ses terres, en développant des écoles, en inspectant la forêt par drones, avec des rangers, en créant des pépinières. Nous l’avons visité, avons rencontré les soigneurs, les mahout et avons échangé avec David Jaya Piot, le fondateur et gérant du site. 

C’est d’ailleurs son père qui avait créé la Compagnie des éléphants d’Angkor, celle même qui faisait monter les pachydermes au sein des temples il y a encore quelques mois. Il assure par ailleurs que la décision de ne plus les monter est venue d’eux-mêmes, « une décision d’éthique personnelle ». Sans filtre, le jeune gérant nous a tout confié; la création et les objectifs de son sanctuaire, ses projets d’avenir, la manière dont ils traitent les éléphants et pourquoi il le fait ainsi, mais il s’est aussi épanché sur les enjeux et débats qui divisent au Cambodge (et partout dans le monde) concernant les éléphants. Nous avons par ailleurs visité un second sanctuaire dans une autre région, le Mondulkiri. Ce dernier a une approche tout à fait différente concernant le traitement de ses pachydermes. Ce qui nous a donné envie de nous intéresser de plus prêt au sujet, en échangeant avec d’autres spécialistes. La reproduction, le traitement, la nourriture, les conditions de captivité, etc… 

Depuis l’arrêt des balades à dos d’éléphant dans le pays, tout le monde a donné son avis sur le sujet. D’un point de vue occidental, on entend souvent que c’est une bonne chose de ne plus les monter. Mais ici, au Cambodge, de nombreuses familles vivaient de cette activité et revendiquaient que cela n’avait rien de mauvais pour leurs animaux qu’ils traitaient par ailleurs très bien. On s’est aussi souvent entendu dire « et vous ça ne vous gêne pas de monter les chevaux ou les dromadaires ? » L’idée n’est pas de prendre partie, mais bien de faire état de ces enjeux captivants pour les lecteurs et de leur donner les clefs et les différents points de vue pour y réfléchir en plein conscience.